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Publié le 2 Décembre 2021

Un petit retour sur quelques productions céramiques réalisées pour le Musée Unterlinden de Colmar, l'association ArkéoMédia, le Musée des Tumulus de Bougon et le Service Archéologique de L'Agglo Hérault-Méditerranée.

Nous profitons également de ce petit billet thématique pour revenir sur 2 modalités de cuissons de poteries, en sole foyère et en meule chapée. La première a été réalisée en 2014 au Musée des Tumulus de Bougon et la seconde, en 2015 au cours d'un stage de formation avec nos collègues de la médiation du Service Archéologique du Val-de-Marne, au Parc des Hautes-Bruyères.

Céramique du néolithique ancien.

Céramique du néolithique ancien.

Céramiques du néolithique ancien.
Céramiques du néolithique ancien.
Céramiques du néolithique ancien.

Céramiques du néolithique ancien.

Céramique du néolithique final, artenacien de Challignac (16).
Céramique du néolithique final, artenacien de Challignac (16).

Céramique du néolithique final, artenacien de Challignac (16).

Coupe attique de Lavau (Âge du Fer).

Coupe attique de Lavau (Âge du Fer).

Coupe attique de Lavau, vues de détail.
Coupe attique de Lavau, vues de détail.

Coupe attique de Lavau, vues de détail.

Maquette des types de cuissons préhistoriques. Cliché Amélie Diaz, L'Agglo-Hérault-Méditerranée.

Maquette des types de cuissons préhistoriques. Cliché Amélie Diaz, L'Agglo-Hérault-Méditerranée.

Maquette des types de cuissons préhistoriques. Vues de détail.
Maquette des types de cuissons préhistoriques. Vues de détail.
Maquette des types de cuissons préhistoriques. Vues de détail.

Maquette des types de cuissons préhistoriques. Vues de détail.

Outils pédagogiques sur les décors néolithiques. Cliché Amélie Diaz, L'Agglo-Hérault-Méditerranée.

Outils pédagogiques sur les décors néolithiques. Cliché Amélie Diaz, L'Agglo-Hérault-Méditerranée.

Un exemple de cuisson : la sole foyère. La première étape étape consiste à chauffer une sole de pierres ou de galets, pendant une à deux heures avec un feu vif. Pendant ce temps, les poteries sont mises à préchauffer autour du foyer, en les rapprochant et en les tournant régulièrement pour qu’elles chauffent uniformément. Une fois les poteries bien chaudes (quand on peut difficilement les attraper à la main sans se brûler) on écarte les braises de la sole et on vient placer les poteries dessus. Elle continueront ainsi de préchauffer alors qu'en parallèle, les braises périphériques sont alimentées de bois de plus en plus gros. Quand le feu s’est bien rapproché, on l’entretient copieusement et quand les flammes commencent à lécher la pots (et qu’on ne constate rien de suspect), on recouvre entièrement les céramiques de bois. Après, le tour est joué, il faut attendre le refroidissement et se régaler des poteries obtenues. Ce type de cuisson est assez long et demande beaucoup de manipulations mais les résultats sont la plupart du temps très positifs (bonne température de cuisson, peu de casse, belles teintes, etc…).

Chauffe de la sole et préchauffage des poteries.

Chauffe de la sole et préchauffage des poteries.

Préchauffage des poteries sur la sole.

Préchauffage des poteries sur la sole.

Redémarrage du feu par l'extérieur sur toute la périphérie de la sole.
Redémarrage du feu par l'extérieur sur toute la périphérie de la sole.

Redémarrage du feu par l'extérieur sur toute la périphérie de la sole.

Charge de cuisson, maximum de température.

Charge de cuisson, maximum de température.

Les céramiques cuites !

Les céramiques cuites !

Un second exemple de cuisson : la meule chapée. En premier lieu, on va préparer une sole de cuisson avec de grosses bûches sur une aire bien dégagée. Les céramiques sont ensuite placée sur la sole en essayant de trouver un empilement limité en terme de volume et de hauteur. L'empilement de poteries est ensuite recouvert d'une grande quantité de végétaux fins, puis de paille, en ne lésinant pas, là aussi, sur la quantité. Pour terminer la structure de cuisson, le tout est recouvert d'une couche plus ou moins épaisse de barbotine, une argile très diluée, très liquide. On va pouvoir dès lors allumer la meule, en plaçant quelques pelletées de braises dans des ouvertures laissées à la base de la meule. Celles-ci aideront également le tirage et pourront être bouchées en cours de cuisson (si la cuisson s'emballe) ou à la fin  pour favoriser une descente en température très lente. La meule cuira ainsi à l'étouffé pendant plusieurs heures, et ce n'est que le lendemain, après refroidissement complet, qu'on pourra découvrir les céramiques cuites.

Préparation de l'aire de cuisson et de la sole.
Préparation de l'aire de cuisson et de la sole.

Préparation de l'aire de cuisson et de la sole.

Disposition des vases sur la sole.

Disposition des vases sur la sole.

Mise en place du combustible, de la paille et meule chapée à la barbotine.
Mise en place du combustible, de la paille et meule chapée à la barbotine.
Mise en place du combustible, de la paille et meule chapée à la barbotine.

Mise en place du combustible, de la paille et meule chapée à la barbotine.

Meule en cour de cuisson, vue d'un orifice latéral fortuit.

Meule en cour de cuisson, vue d'un orifice latéral fortuit.

Céramiques cuites le lendemain, après refroidissement complet.
Céramiques cuites le lendemain, après refroidissement complet.

Céramiques cuites le lendemain, après refroidissement complet.

Premières céramiques cuites en meule chapée !

Premières céramiques cuites en meule chapée !

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Publié le 19 Novembre 2021

Retour détaillé sur une expérimentation menée cet été, au début du mois de Juin, dans le cadre de la manifestation nationale des ''Rendez-vous aux jardins'', au Musée des Tumulus de Bougon.

A l'origine, ce projet avait été pensé pour la fête des moissons au Parc des Lilas (94), fête annulée, comme beaucoup d'autres évènements, en 2020. L'idée était de reconstituer un araire préhistorique avec des outils néolithiques afin de lier les thématiques des pratiques agricoles et du travail du bois. Le Musée des Tumulus de Bougon nous a offert l'opportunité de mener ce projet à terme et de le compléter très largement en utilisant l'outil ainsi créé.

Nous avons choisi de reconstituer l'araire retrouvé en Italie sur le site de Lavagnone. Daté de l'Âge du Bronze Ancien (2048-2010 BC), il s'agit en effet de l'un des plus complet jamais découvert. D'autres araires du même type (dental) ont été exhumés en Italie, notamment à Fiave (Âge du Bronze récent) et à Walle en Allemagne où la découverte est datée du Néolithique. 

L'utilisation de l'araire est également confirmée par des gravures rupestres au Mont Bégo et au Valcamonica. On estime que ces gravures ont pu être réalisées depuis le Néolithique jusqu'à l'Âge du Fer.

D'autres traces indirectes de l'utilisation d'araires, ont également été découverts au Danemark, en Pologne, en Grande-Bretagne, dans le val D'Aoste en Italie ou encore sur littoral Vendéen, sous forme de sillons ''fossilisés'' dans des sols préhistoriques.

Toutes ces traces directes ou indirectes tendent à faire remonter l'utilisation de l'araire au 3ème millénaire, voire à la seconde moitié du 4ème millénaire avant notre ère. 

Araire en cours de fabrication avec des outils néolithiques dédiés au travail du bois et discussion avec le public lors de la journée de Juin 2021.
Araire en cours de fabrication avec des outils néolithiques dédiés au travail du bois et discussion avec le public lors de la journée de Juin 2021.

Araire en cours de fabrication avec des outils néolithiques dédiés au travail du bois et discussion avec le public lors de la journée de Juin 2021.

Araire de Lavagnone et reconstitution expérimentale.

Araire de Lavagnone et reconstitution expérimentale.

Pour la fabrication, la recherche d'un support correct est fondamentale. L'angle entre le départ de branche et le tronc, qui formeront plus tard le timon et le sep de l'araire, doit être précis et il a fallu chercher longtemps la pièce de bois adéquate. L'expérience de Jo Durand, partenaire du projet et habitué à travailler avec des outils agraire de ce type, a été déterminante dans le choix de la pièce de bois. 

Nous avons donc opté pour une pièce en orme, l'original étant en tout entier constitué de chêne. Cet araire a un soc trop petit pour être utilisé tel quel. Il présente également des aménagements qui laissent supposer l'existence d'un soc amovible. Cette pièce, absente lors de la découverte de l'araire de Lavagnone, a donc dû être imaginée. Elle a été réalisée en if, résineux plutôt robuste. Pour les cotes, il été plutôt aisé de s'appuyer sur celle de l'araire mais restait à imaginer sa forme. Nous avions réalisé dans un premier temps un soc de type ''sabot'' un peu joufflu, qui a dû être réappointé pour davantage d'efficacité, sur les conseils de Jo Durand.

Pour assembler ces deux éléments, l'original montre une astucieuse combinaison entre le mancheron qui sert à guider l'araire et de simples coins de bois. L'assemblage s'est montré plutôt solide à l'usage et il n'a été besoin de ne le refixer qu'une seule fois pendant l'expérimentation qui se prolongea pendant 3 heures et demie pour travailler une surface totale de 400m².

Nous avons également ajouté à l'ensemble un faux timon, fixé à l'aide d'une solide ligature de corde pour prolonger le timon, augmenter l'écart entre les bœufs et l'araire (afin de favoriser la maniabilité) et trouver plus facilement la bonne hauteur de fixation au joug. L'ensemble mesurera donc environ 4m, pour une hauteur maximum à l'extrémité du faux-timon d'1m30 et une hauteur du mancheron à environ 1m.

Araire terminé et monté.

Araire terminé et monté.

Araire terminé et monté, vue de détail.

Araire terminé et monté, vue de détail.

La traction a été réalisée par un attelage de 2 bœufs, Max et Gaston, jeunes bœufs de race vosgienne âgés de 2 ans menés par Laurent Martin. Ils sont dressés depuis 1 ans et sont plus habitués pour le moment aux travaux de débardage qu'à ceux des champs, plus répétitifs et monotones. 

L'attelage était équipé d'un joug américain, muni d'un anneau large dans lequel passe l'extrémité du faux timon. Ce dernier est alors libre de rotation dans l'anneau, ce qui permet de pivoter l'araire à droite ou à gauche lors des demi-tours ou des déplacements au cours desquels il n'est pas censé ''sillonner''. 

L'expérimentation a également permit de déceler un intéressant principe de réglage du soc amovible. Toujours à l'aide d'une cale de bois placée au niveau du talon, il est possible de faire plus ou moins ''piquer'' le soc. Si ce dernier ''pique'' de trop, la contrainte de traction augmente et le travail fatigue alors davantage les bœufs. De plus, l'araire aura tendance à ''rebondir'' sur le sol ce qui perturbera la bonne marche du travail.

Exemple de déplacement de l'araire où il pivote grâce à la fixation dans l'anneau du joug..

Exemple de déplacement de l'araire où il pivote grâce à la fixation dans l'anneau du joug..

L'araire ne permet pas de retourner le sol comme une charrue, mais il est bien adapté pour l'aérer, l'ameubler et préparer les semis. Ainsi, le sol avait été préparé mécaniquement avant le passage de l'araire. Les passages permettent de tracer des sillons plus ou moins réguliers qui doivent être croisés. C'est exactement le type de traces de passage qu'on peut retrouver sur certains sites préhistoriques où ils sont conservés. Une fois la parcelle préparée, il est possible de réaliser les semis. Lors de l'expérimentation, l'équipe du Musée a opté, au vu de la période tardive, pour un semi de sarrasin, réalisé à la volée par une petite équipe. L'ensemble de la parcelle a ensuite été arasée à l'aide d'une barre de bois tractée par Gaston.

Passage de l'araire, Max et Gaston menés par Laurent Martin et Jo Durand à la manœuvre.

Passage de l'araire, Max et Gaston menés par Laurent Martin et Jo Durand à la manœuvre.

Passage de l'araire, vue rapprochée.

Passage de l'araire, vue rapprochée.

Passage de la barre de bois pour araser les sillons après les semis.

Passage de la barre de bois pour araser les sillons après les semis.

Vue générale de la parcelle de 400m² après les passages croisés de l'araire, les semis et l'arasement.

Vue générale de la parcelle de 400m² après les passages croisés de l'araire, les semis et l'arasement.

Nous adressons encore nos plus vifs remerciements à Laurent Martin, Jo Durand, Max, Gaston, ainsi que toute l'équipe du Musée des Tumulus de Bougon, sans qui cette belle expérimentation n'aurait pas pu se faire. 

De gauche à droite, Max, Gaston et Laurent Martin.

De gauche à droite, Max, Gaston et Laurent Martin.

Au premier plan, Jo Durand.

Au premier plan, Jo Durand.

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Expérimentations

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Publié le 29 Janvier 2021

Un petit retour en images sur quelques expérimentations et productions lithiques de 2020.  

Débitages par pression dans la main sur obsidienne et silex tertiaire.
Débitages par pression dans la main sur obsidienne et silex tertiaire.
Débitages par pression dans la main sur obsidienne et silex tertiaire.

Débitages par pression dans la main sur obsidienne et silex tertiaire.

Préparation de nucléus pour le débitage par pression.

Préparation de nucléus pour le débitage par pression.

Débitages par pression à la petite béquille sur silex tertiaire et jaspe rouge.
Débitages par pression à la petite béquille sur silex tertiaire et jaspe rouge.

Débitages par pression à la petite béquille sur silex tertiaire et jaspe rouge.

Débitages par pression à la grande béquille sur silex turonien.
Débitages par pression à la grande béquille sur silex turonien.
Débitages par pression à la grande béquille sur silex turonien.
Débitages par pression à la grande béquille sur silex turonien.

Débitages par pression à la grande béquille sur silex turonien.

Remontages de débitages par pression.
Remontages de débitages par pression.

Remontages de débitages par pression.

Fabrication de haches en silex, démonstration au Musées des Tumulus de Bougon.
Fabrication de haches en silex, démonstration au Musées des Tumulus de Bougon.
Fabrication de haches en silex, démonstration au Musées des Tumulus de Bougon.
Fabrication de haches en silex, démonstration au Musées des Tumulus de Bougon.

Fabrication de haches en silex, démonstration au Musées des Tumulus de Bougon.

Façonnage par pression de pointes de flèches inspirées du Néolithique final ibérique.

Façonnage par pression de pointes de flèches inspirées du Néolithique final ibérique.

Débitages Levallois, éclat préférentiel et pointes.
Débitages Levallois, éclat préférentiel et pointes.

Débitages Levallois, éclat préférentiel et pointes.

Débitage Levallois,  pointe.

Débitage Levallois, pointe.

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Publié le 12 Novembre 2020

Nous avons travaillé récemment à la réalisation de cordes d'arc en fibres végétales et animales pour le projet expérimental "Arcs Oise" dédié à l'archerie néolithique.

Les cordes ont été réalisées en liber de tilleul et en tendon, avec une technique simple de torsade à 2 brins. Pour le liber, l'écorce de tilleul a été récoltée début Juin, mise à rouir pendant plusieurs semaines, rincée puis préparée fin Aout. Le tendon a été séché puis battu avant d'être défibré et trié. 

La technique de cordage permet d'ajouter et de solidariser régulièrement de nouveaux faisceaux de fibres ce qui ne limite pas la longueur de la corde à celle des fibres. Il faut entre 5 et 10 minutes pour réaliser 20cm de corde.

Les cordes finies mesurent environ 1,80m. Cela dépasse la longueur des arcs (en moyenne 1,30 à 1.50m) mais permet de réaliser les nœuds d'attache à chaque extrémités de la corde.

Une fois terminées, les cordes en liber sont cirées et celles en tendon enduites de colle d'os, de façon à augmenter leur stabilité et leur résistance à l'humidité.  

Vue de détail des cordes en liber (à gauche) et tendon (à droite).

Vue de détail des cordes en liber (à gauche) et tendon (à droite).

Cordes en liber de tilleul et tendon.
Cordes en liber de tilleul et tendon.

Cordes en liber de tilleul et tendon.

Vue de détail des cordes en tendon (à gauche) et liber de tilleul (à droite).
Vue de détail des cordes en tendon (à gauche) et liber de tilleul (à droite).

Vue de détail des cordes en tendon (à gauche) et liber de tilleul (à droite).

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Expérimentations

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Publié le 10 Septembre 2020

Deux projets, deux expérimentations de longue haleine et deux publications toutes récentes !

Le premier projet concerne la technologie lithique des populations néolithiques du sud de l'Arabie. Nos recherches, publiées en ligne sur PLOS ONE, reviennent sur une convergence technique partagée par les populations du continent américain et de la péninsule arabique : le flûtage des pointes de projectile en pierre taillée. Une approche expérimentale et statistique, qui permet de mieux cerner les modalités d'exécution de cette technique originale et d'identifier ce qui rapproche et éloigne sa mise oeuvre au sein de ces deux sphères géographiques. 

Préforme expérimentale de pointe triédrique flutée.

Préforme expérimentale de pointe triédrique flutée.

Préformes et pointes triédriques flutées expérimentales.

Préformes et pointes triédriques flutées expérimentales.

Pointes triédriques expérimentales.

Pointes triédriques expérimentales.

Le second projet concerne les expérimentations menées depuis plusieurs années sur les débitages par pression et différents systèmes permettant de renforcer la pression avec l'aide d'un levier.

Notre article ''Tell Arqa, Bronze Age macro-blade debitage with a lever: archaeological and experimental approaches'' écrit avec Florine Marchand et Frédéric Abbès est publié chez Archaeopress dans un volume intitulé Stone in Metal Ages. Nous y développons une étude menée sur du matériel issu des niveaux de l'Âge du Bronze du site libanais de Tell Arqa et des séries expérimentales réalisées par pression au levier entre 2012 et 2016.

 

Expérimentations et publications

AU SOMMAIRE :

Foreword – by Francesca Manclossi, Florine Marchand, Linda Boutoille and Sylvie Cousseran-Néré

Millstones and other macrolithics, the ‘eternal forgotten’ in Chalcolithic sites: Camino de las Yeseras (San Fernando de Hanares, Madrid, Spain) – by Irene Ortiz Nieto-Márquez, Patricia Ríos Mendoza, Corina Liesau von Lettow-Vorbeck and Carlos Arteaga

Production et consommation de l’industrie lithique taillée durant l’âge du Bronze en Grèce continentale – by Marie-Philippine Montagné et Lolita Rousseau

Bronze Age flint denticulates: A Bulgarian case study – by Maria Gurova

Tell Arqa, Bronze Age macro-blade debitage with a lever: archaeological and experimental approaches – by Florine Marchand, Jérémie Vosges and Frédéric Abbès

Going to the source: New perspectives in the study of the Canaanean blade technology from Iraqi Kurdistan – by Cecilia Conati Barbaro and Daniele Moscone

Les industries lithiques de la Ville I de Mari (Tell Hariri, Syrie, 2900-2650 av. J.-C.) : chaînes opératoires et premières perspectives techno-culturelles – by Raphaël Angevin

The decline and disappearance of chipped-stone tools: a case-study from the Southern Levant – by Francesca Manclossi

L’outillage lithique de l’atelier de bronzier du site du Bronze final de Montélimar la rue du Bouquet (Drôme, France) : un témoin de l’activité métallurgique ? – by Cousseran-Néré, Linda Boutoille and Eric Néré

Technologie des matériaux lithiques : l’outillage lithique utilisé en métallurgie de transformation – by Maxence Pieters

Disponible en Open Acces sur le site d'Archaeopress pour se faire une petite idée de nos expérimentations et de leurs résultats...

Lames débitées par pression à l'aide d'un levier.
Lames débitées par pression à l'aide d'un levier.
Lames débitées par pression à l'aide d'un levier.

Lames débitées par pression à l'aide d'un levier.

Lame débitée par pression à l'aide d'un levier.

Lame débitée par pression à l'aide d'un levier.

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Expérimentations

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Publié le 12 Mai 2020

Cette semaine, nous remontons encore le temps pour une archive de... 2004. Une des premières fois où nous avons essayé de produire cette fameuse préhistorique appellée ''bétuline''.

Il s'agit d'un adhésif très efficace réalisé à partir d’écorce de bouleau. Les plus anciennes traces de sa fabrication et de son utilisation ont été trouvées en Italie sur le site Acheuléen de Campitello. Par la suite, la bétuline est utilisée au Paléolithique moyen, au Mésolithique et plus massivement encore au Néolithique.

Dans la méthode décrite ci-dessous, l’utilisation de récipients céramiques facilite (grandement) la tâche. Pour les périodes antérieures au Néolithique et à l’invention de la céramique, des interrogations demeurent quant aux méthodes utilisées pour produire cette colle. 

Le principe recherché est de condenser les fumées issues de la combustion de l’écorce pour qu'elles déposent leur goudron....

La première étape consiste à remplir un pot percé avec des rouleaux d’écorces de bouleau sèches et bien tassées.

La première étape consiste à remplir un pot percé avec des rouleaux d’écorces de bouleau sèches et bien tassées.

Le récipient et son contenu d'écorces sont ensuite fermés d'un simple couvercle qui couvre le pot.

Le récipient et son contenu d'écorces sont ensuite fermés d'un simple couvercle qui couvre le pot.

Un plus petit pot est enterré dans un foyer...

Un plus petit pot est enterré dans un foyer...

Ce dernier est recouvert par le pot percé contenant l’écorce. 

Ce dernier est recouvert par le pot percé contenant l’écorce. 

Un feu est ensuite alimenté  à  heures autour de la céramique. Une fumée épaisse s'échappe alors par les interstices du couvercle. L'opération est terminée lorsque plus aucune fumée ne s'échappe de la poterie.

Un feu est ensuite alimenté à heures autour de la céramique. Une fumée épaisse s'échappe alors par les interstices du couvercle. L'opération est terminée lorsque plus aucune fumée ne s'échappe de la poterie.

Il faudra alors écarter les braises pour laisser refroidir l'ensemble.

Il faudra alors écarter les braises pour laisser refroidir l'ensemble.

Puis ouvrir le couvercle pour vérifier que les écorces sont bien carbonisées...

Puis ouvrir le couvercle pour vérifier que les écorces sont bien carbonisées...

Et enfin, soulever le premier pot pour vérifier si l'expérience a réussie et découvrir le précieux liquide noir épais et fumant.

Et enfin, soulever le premier pot pour vérifier si l'expérience a réussie et découvrir le précieux liquide noir épais et fumant.

L'expérience a fonctionné, le goudron obtenu pourra être concentré et épaissi en passant quelques heures à feu doux ...

L'expérience a fonctionné, le goudron obtenu pourra être concentré et épaissi en passant quelques heures à feu doux ...

Nous avons par la suite continué les expériences sur la bétuline et trouvé un moyen plus simple pour l'obtenir avec une simple poterie. Nous y reviendrons dans un prochain article. Par contre, tous nos essais pour essayer de l'obtenir avec des méthodes alternatives et notamment sans récipients céramiques ont jusqu'à maintenant été vains... mais nous poursuivons les expériences !

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Expérimentations, #Tutos et vidéos

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Publié le 7 Mai 2020

Nous avons exhumé ces quelques images d'une expérimentation menée en 2012 (!!). L'objectif était de réussir à extraire du cuivre de plusieurs types de minerais et notamment de malachite. Plusieurs modalités ont été testées, avec creusets, lingotières, etc... et finalement, les meilleurs résultats ont été obtenus en déposant la poudre minerai directement dans le foyer et en s'armant de confiance et de patience...

Un grand merci à Loïc et à Julien pour leur aide et leur efficacité au broyage et aux soufflets !!

Minerai de cuivre brut prêt à broyé.

Minerai de cuivre brut prêt à broyé.

Broyage de la malachite sur meules de pierre.
Broyage de la malachite sur meules de pierre.
Broyage de la malachite sur meules de pierre.

Broyage de la malachite sur meules de pierre.

Broyage du charbon pour quelques essais de réductions en creusets et lingotières.
Broyage du charbon pour quelques essais de réductions en creusets et lingotières.

Broyage du charbon pour quelques essais de réductions en creusets et lingotières.

Poudre de malachite à la pesée.

Poudre de malachite à la pesée.

Longue et patiente montée en température à l'aide de 2 soufflets en peau.
Longue et patiente montée en température à l'aide de 2 soufflets en peau.
Longue et patiente montée en température à l'aide de 2 soufflets en peau.

Longue et patiente montée en température à l'aide de 2 soufflets en peau.

Premiers tests de réductions en creuset et premières billes de cuivre...
Premiers tests de réductions en creuset et premières billes de cuivre...

Premiers tests de réductions en creuset et premières billes de cuivre...

Résultats de la réduction directe dans le foyer, le métal est globalement beaucoup mieux amalgamé..
Résultats de la réduction directe dans le foyer, le métal est globalement beaucoup mieux amalgamé..

Résultats de la réduction directe dans le foyer, le métal est globalement beaucoup mieux amalgamé..

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Expérimentations

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Publié le 16 Mars 2020

Un petit retour sur une expérimentation réalisée il y  a quelques années déjà à la demande de Guillaume Huitorel (UMR 7041 ArScAn, Archéologie de la Gaule et Monde antique), pour une enquête autour d'un objet, que l'on retrouve fréquemment sur les sites gallo-romains du Nord de la Gaule. Cette expérimentation documente la fabrication d'un tel objet et précise sa fonction comme outils à lier ou botteler des gerbes de paille ou de foin...

Matériaux bruts, 2 andouiller de bois de cerf et en arrière-plan, modèles de Marolles-sur-Seine et Damblain.

Matériaux bruts, 2 andouiller de bois de cerf et en arrière-plan, modèles de Marolles-sur-Seine et Damblain.

Travail à l'herminette pour créer l'échancrure.

Travail à l'herminette pour créer l'échancrure.

Taille au canif pour régulariser la découpe.

Taille au canif pour régulariser la découpe.

Perforations latérales à l'aide d'un foret à pompe

Perforations latérales à l'aide d'un foret à pompe

Alésage quandrangulaire réalisé avec un bédane étroit.

Alésage quandrangulaire réalisé avec un bédane étroit.

Perforation dans la spongiosa très tendre réalisée au canif.

Perforation dans la spongiosa très tendre réalisée au canif.

Outils finis

Outils finis

Outil fini, vue rapprochée de la perforation

Outil fini, vue rapprochée de la perforation

Lien vers le poster de présentation des tests expérimentaux, présenté par Guillaume Huitorel au XIIIème colloque de l’association AGER, Dijon 9-11 octobre 2018.

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Expérimentations, #fac-similés et reconstitutions

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Publié le 29 Novembre 2019

Le tribulum est un instrument agricole attesté par l’archéologie et l’iconographie au Proche-Orient à partir du Néolithique précéramique B, aux alentours du huitième millénaire avant le présent. C’est l’analyse des traces d'usures visibles sur un certain type de lames de silex qui a permis de faire le rapprochement avec des exemples ethnographiques bien documentés (Balkans, Anatolie, Maghreb, Grèce ou Espagne).

Il s’agit d’un traîneau de bois équipé sur sa face active de segments de lames de silex. Il est généralement tiré par un ou plusieurs animaux (cheval, âne ou bœuf) sur une grande aire de battage circulaire. Le passage répété du traîneau et le piétinement continu des animaux de trait permet, en quelques heures, de hacher les tiges et de libérer les céréales de leur enveloppe.

Dans le cadre de la Fête des Moissons, organisée par le Département du Val-de-Marne à Vitry-sur-Seine, nous avons pu présenter en démonstration l’utilisation d’une réplique de tribulum, fortement inspirées des travaux expérimentaux menés depuis plusieurs années par une équipe d’archéologues sous la tutelle de Patricia Anderson directrice de recherche au CEPAM (CMRS-UMR 7264) à Nice.

Nous revenons ici en images sur les principaux temps de la fabrication du tribulum.

Perches de saule écorcées et groupées par paire pour l'armature du traîneau.

Perches de saule écorcées et groupées par paire pour l'armature du traîneau.

Perches de saule préparées, régularisées et encochées pour être ligaturées par paires.

Perches de saule préparées, régularisées et encochées pour être ligaturées par paires.

Paire de perches ligaturées avec des lanières de cuir cru.

Paire de perches ligaturées avec des lanières de cuir cru.

Les perches ont été cintrées et grossièrement assemblées avant le montage final.

Les perches ont été cintrées et grossièrement assemblées avant le montage final.

Première partie terminée, reste à insérer les lames qui viendront, en dessous, entre les perches.
Première partie terminée, reste à insérer les lames qui viendront, en dessous, entre les perches.

Première partie terminée, reste à insérer les lames qui viendront, en dessous, entre les perches.

Les lames, taillées par pression au levier, sont triées et disposées sous le traîneau.
Les lames, taillées par pression au levier, sont triées et disposées sous le traîneau.

Les lames, taillées par pression au levier, sont triées et disposées sous le traîneau.

Elles sont fixées à l'aide d'une colle composée de cire d'abeille, de résine de pin et de charbon pilé.
Elles sont fixées à l'aide d'une colle composée de cire d'abeille, de résine de pin et de charbon pilé.

Elles sont fixées à l'aide d'une colle composée de cire d'abeille, de résine de pin et de charbon pilé.

Le tribulum après le collage mais avant le nettoyage !

Le tribulum après le collage mais avant le nettoyage !

Le tribulum en cours d'utilisation.
Le tribulum en cours d'utilisation.
Le tribulum en cours d'utilisation.
Le tribulum en cours d'utilisation.

Le tribulum en cours d'utilisation.

Détail sur une lame de silex après utilisation et sur l'état des céréales en fin de travail.
Détail sur une lame de silex après utilisation et sur l'état des céréales en fin de travail.

Détail sur une lame de silex après utilisation et sur l'état des céréales en fin de travail.

un petit calcul du temps de fabrication du tribulum : 

- récolte/écorçage et préparation des perches : 6 heures pour une personne.

- fabrication du traîneau : 3 heures pour une personne.

- préparation des lames (environ 120 lames pour une sélection finale de 80 armatures, soit 4 à 5 grand nucléus, 2 jours pour la préparation et le débitage) : 18 heures pour deux personnes.

- préparation de la colle, collage des armatures, nettoyage : 8 heures pour une personne.

 

Soit un total de 35 heures environ, à peu près une semaine de travail pour 1 personne.

Un très-très grand merci à Marie Wagner du Parc des Lilas pour nous avoir fait confiance ; à Guillaume Huitorel, initiateur de ce projet ; à l'association Couleur Lilas, Isis Bertheau et Émilie Coudert, pour leur aide et leur disponibilité ; ainsi qu'à celle sans qui tout cela n'aurait pas été possible, l'ânesse Nikita, pour sa patience et son engagement !

Bibliographie sommaire :

ANDERSON, P.C., WHITTAKER,  J.C. 2014. Blades, sickles, threshing sledges and experimental archaeology in northern Mesopotamia, In : VAN GIJN, A.,  WHITTAKER,  J.C., ANDERSON, P. (Ed). Explaining and exploring diversity in agricultural technology. Oxbow Books 2014.

KHEDHAIER, R., VERDIN, P., FURESTIER, R., LEMERCIER, O., MÜLLER, A. 2003. Dépiquage au tribulum au Néolithique final dans le Sud-Est de la France. Indices convergents de la tracéologie et de l'analyse des phytolites. Le cas du site de Forcalquier-La Fare (Alpes-de-Haute-Provence). In : ANDERSON, P.C., CUMMINGS, L.S., SCHIPPERS, T.K., SIMONEL, B., (dir.). Le traitement des récoltes : un regard sur la diversité, du Néolithique au Présent. 23èmes Rencontres Internationales d'Archéologie et d'Histoire d'Antibes, Éditions APDCA, Antibes, 2003.

ROUX, P. 2015. Moisson, battage, vannage, stockage des céréales aux périodes protohistoriques et antiques dans le monde égéen : histoire des techniques. Thèse de doctorat, Université de Paris I, France.

PICHON, F. Une moisson expérimentale de céréales, Séranon (août 2016), ArchéOrient-le blog, 14/10/2016, [en ligne] https://archeorient.hypotheses.org/6667.

 

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Ateliers et démonstrations, #Expérimentations

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Publié le 15 Novembre 2019

Un petit retour sur des expérimentations réalisées cet été sur les débitages par pression. L'objectif de ces travaux visait essentiellement à améliorer les performances de la béquille pectorale utilisée pour appliquer la pression... Tous les détails sont à retrouver dans un court article publié sur le blog ArchéOrient, à retrouver grâce au lien ci dessous. 

Quelques vidéos complémentaires sont également à retrouver sur cette page. Elles illustrent des modalités plus classiques de taille par pression.    

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Expérimentations, #Tutos et vidéos

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