tutos et videos

Publié le 12 Mai 2020

Cette semaine, nous remontons encore le temps pour une archive de... 2004. Une des premières fois où nous avons essayé de produire cette fameuse préhistorique appellée ''bétuline''.

Il s'agit d'un adhésif très efficace réalisé à partir d’écorce de bouleau. Les plus anciennes traces de sa fabrication et de son utilisation ont été trouvées en Italie sur le site Acheuléen de Campitello. Par la suite, la bétuline est utilisée au Paléolithique moyen, au Mésolithique et plus massivement encore au Néolithique.

Dans la méthode décrite ci-dessous, l’utilisation de récipients céramiques facilite (grandement) la tâche. Pour les périodes antérieures au Néolithique et à l’invention de la céramique, des interrogations demeurent quant aux méthodes utilisées pour produire cette colle. 

Le principe recherché est de condenser les fumées issues de la combustion de l’écorce pour qu'elles déposent leur goudron....

La première étape consiste à remplir un pot percé avec des rouleaux d’écorces de bouleau sèches et bien tassées.

La première étape consiste à remplir un pot percé avec des rouleaux d’écorces de bouleau sèches et bien tassées.

Le récipient et son contenu d'écorces sont ensuite fermés d'un simple couvercle qui couvre le pot.

Le récipient et son contenu d'écorces sont ensuite fermés d'un simple couvercle qui couvre le pot.

Un plus petit pot est enterré dans un foyer...

Un plus petit pot est enterré dans un foyer...

Ce dernier est recouvert par le pot percé contenant l’écorce. 

Ce dernier est recouvert par le pot percé contenant l’écorce. 

Un feu est ensuite alimenté  à  heures autour de la céramique. Une fumée épaisse s'échappe alors par les interstices du couvercle. L'opération est terminée lorsque plus aucune fumée ne s'échappe de la poterie.

Un feu est ensuite alimenté à heures autour de la céramique. Une fumée épaisse s'échappe alors par les interstices du couvercle. L'opération est terminée lorsque plus aucune fumée ne s'échappe de la poterie.

Il faudra alors écarter les braises pour laisser refroidir l'ensemble.

Il faudra alors écarter les braises pour laisser refroidir l'ensemble.

Puis ouvrir le couvercle pour vérifier que les écorces sont bien carbonisées...

Puis ouvrir le couvercle pour vérifier que les écorces sont bien carbonisées...

Et enfin, soulever le premier pot pour vérifier si l'expérience a réussie et découvrir le précieux liquide noir épais et fumant.

Et enfin, soulever le premier pot pour vérifier si l'expérience a réussie et découvrir le précieux liquide noir épais et fumant.

L'expérience a fonctionné, le goudron obtenu pourra être concentré et épaissi en passant quelques heures à feu doux ...

L'expérience a fonctionné, le goudron obtenu pourra être concentré et épaissi en passant quelques heures à feu doux ...

 

Nous avons par la suite continué les expériences sur la bétuline et trouvé un moyen plus simple pour l'obtenir avec deux poteries et un simple tessons.

Schéma récapitulatif des deux méthodes de fabrication de bétuline avec des récipients en terre cuite. 

Schéma récapitulatif des deux méthodes de fabrication de bétuline avec des récipients en terre cuite. 

Le principe de cette seconde méthode est relativement simple. Un grand récipient de type bouteille, à panse large et à col évasé, est rempli d'écorces de bouleau (fraîches ou sèches), bien tassées.

Une fois le récipient plein, on va venir coincer un tesson de céramique dans l'étranglement du col, pour éviter que les écorces ne redescendent une fois qu'elles auront diminué de volume avec la combustion.

Un petit vase est ensuite installé à l'envers dans le col de la bouteille. Il est possible de celer les 2 récipient par un joint d'argile fraiche, mais il faut toutefois veiller à laisser au moins une évacuation. 

L'ensemble est alors retourné, au dessus d'une petite dépression aménagée dans le foyer pour y recevoir le petit vase. Le col de la grande céramique repose alors au fond du foyer et après avoir ramené un peu de terre sur le col, on peut disposer le bois (l'équivalent d'une petite brouette) et démarrer le feu. 

Archives de confinement 3 - bétuline
Archives de confinement 3 - bétuline

Une fois la combustion du bois terminée, il faut laisser la structure refroidir avant de débarrasser les charbons et les cendres autour du col pour pouvoir démonter cette structure improvisée et découvrir... la bétuline !

Archives de confinement 3 - bétuline
Archives de confinement 3 - bétuline
Archives de confinement 3 - bétuline
Les restes de la combustion de l'écorce de bouleau constituent un déchet assez original.

Les restes de la combustion de l'écorce de bouleau constituent un déchet assez original.

Si nos essais de fabrication de bétuline avec des récipients en terre cuite à la façon néolithique ont pu être améliorés et sont aujourd'hui maîtrisés, toutes nos tentatives pour l'obtenir avec des méthodes alternatives ont jusqu'à maintenant été vaines.

Le monde des néandertaliens nous réserve encore bien des surprises !

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Expérimentations, #Tutos et vidéos

Publié le 15 Novembre 2019

Un petit retour sur des expérimentations réalisées cet été sur les débitages par pression. L'objectif de ces travaux visait essentiellement à améliorer les performances de la béquille pectorale utilisée pour appliquer la pression... Tous les détails sont à retrouver dans un court article publié sur le blog ArchéOrient, à retrouver grâce au lien ci dessous. 

Quelques vidéos complémentaires sont également à retrouver sur cette page. Elles illustrent des modalités plus classiques de taille par pression.    

Pour ces expérimentaions, nous avons repris le système ‘’classique’’ de la béquille pectorale en modifier un peu cette béquille pour pouvoir l'utliser non plus à un seul tailleur mais à 3 personnes. Le support d’appui pectoral est donc considérablement allongé et équipé de deux grandes poignées à ses extrémités. Ce dispositif permet de gagner en puissance en cumulant la puissance musculaire et le poids de trois opérateurs au lieu d’un seul.

Dispositif de pression à 3 : a) béquille - b) système de calage du nucléus - et c) cales en bois pour ajuster et fixer le nucléus.

Dispositif de pression à 3 : a) béquille - b) système de calage du nucléus - et c) cales en bois pour ajuster et fixer le nucléus.

Séries expérimentales de lames débitées par pression, à 3 opérateurs.

Séries expérimentales de lames débitées par pression, à 3 opérateurs.

Exemples de lames obtenues avec le dispositif de pression à 3.
Exemples de lames obtenues avec le dispositif de pression à 3.

Exemples de lames obtenues avec le dispositif de pression à 3.

Lame particulièrement large débitée par pression à 3 et stigmates de taille à la pointe de cuivre.

Lame particulièrement large débitée par pression à 3 et stigmates de taille à la pointe de cuivre.

Détail des stigmates (pointe de cuivre) sur des talons de lames débitées à 3, fissurations circulaires.

Détail des stigmates (pointe de cuivre) sur des talons de lames débitées à 3, fissurations circulaires.

Lames en silex tertiaire débitées par pression à 3 et présentant des inclusions crayeuses particulièrement handicapante pour un débitage pression classique mais qui n'ont pas ici posé problème.

Lames en silex tertiaire débitées par pression à 3 et présentant des inclusions crayeuses particulièrement handicapante pour un débitage pression classique mais qui n'ont pas ici posé problème.

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Expérimentations, #Tutos et vidéos

Publié le 23 Mars 2017

Pour continuer le cycle sur les travaux autour des métallurgies Pré et Protohistoriques, voici un bref article sur une technique fondamentale pour la métallurgie du bronze, fonte à la cire perdue !

Le cobaye ayant bien voulu se prêter à l'expérience est en l'occurrence un sanglier. Accompagné également d'une figurine de cheval, ces deux pièces ont été découvertes sur le site de l'oppidum de Joeuvres, dans le département de la Loire, au début du vingtième siècle. Les fouilles bien qu'anciennes permettent de dater ces figurines animales du Second Âge du Fer. 

Figurine originale trouvée sur le site de l'oppidum de Joeuvres. Photo A.Maillier, Bibracte.

Figurine originale trouvée sur le site de l'oppidum de Joeuvres. Photo A.Maillier, Bibracte.

La technique de la cire perdue consiste à réaliser dans un premier temps un objet en cire d'abeille - matériau facile à modeler, à sculpter, à souder ou encore à décorer.

Cet objet en cire constitue le modèle du futur bronze. Il va être enrobé d'un mélange d'argile et de crottin effrité, le banko, afin de constituer un moule. Le moule va ensuite sécher avant d'être cuit pour durcir l'argile et décirer le moule. Lors de la cuisson, la cire va fondre et laisser l'empreinte de l'objet en cire en creux à l'intérieur du moule d'argile. De plus, le dégraissant végétal ajouté à l'argile va brûler et laisser place à une multitude de petits creux, conférant à l'argile une très grande porosité qui permettra d'évacuer l'air du moule lors de la coulée. 

Reste alors à profiter de la température élevée du moule pour y verser le métal en fusion qui va le remplir et se figer en suivant exactement le négatif de l'objet en cire.

Pour récupérer l'objet en bronze il faut briser le moule qui du coup, est à usage unique ! 

Pas forcément très clair ? résumé en images...

Notre sanglier, il a été réalisé dans un premier temps en argile. Ce premier modèle à servi de support pour réaliser un moule permettant d'obtenir des sangliers en cire en série.

Notre sanglier, il a été réalisé dans un premier temps en argile. Ce premier modèle à servi de support pour réaliser un moule permettant d'obtenir des sangliers en cire en série.

La série de sangliers en cire en question. On a ajouté dans le moule à cires, un cône de coulée à la base des pattes.

La série de sangliers en cire en question. On a ajouté dans le moule à cires, un cône de coulée à la base des pattes.

Les mêmes, équipés de leurs canaux de coulée (en cire à modeler teintée en noir).

Les mêmes, équipés de leurs canaux de coulée (en cire à modeler teintée en noir).

Les sangliers après plusieurs bains de boues... le banko a été ici appliqué très liquide en plusieurs couches afin de constituer une première carapace pour obtenir de la finesse dans les détails.
Les sangliers après plusieurs bains de boues... le banko a été ici appliqué très liquide en plusieurs couches afin de constituer une première carapace pour obtenir de la finesse dans les détails.

Les sangliers après plusieurs bains de boues... le banko a été ici appliqué très liquide en plusieurs couches afin de constituer une première carapace pour obtenir de la finesse dans les détails.

Les sangliers après la coulée.

Les sangliers après la coulée.

Les mêmes, une fois débarrassés de leur cônes et canaux de coulées et légèrement ébarbés.

Les mêmes, une fois débarrassés de leur cônes et canaux de coulées et légèrement ébarbés.

Les sangliers finis après un laborieux travail d'ébarbage-abrasion-polissage.
Les sangliers finis après un laborieux travail d'ébarbage-abrasion-polissage.

Les sangliers finis après un laborieux travail d'ébarbage-abrasion-polissage.

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Tutos et vidéos, #fac-similés et reconstitutions, #Expérimentations

Publié le 6 Février 2017

La Daldinie concentrique ou daldinia concentrica est un champignon très noir, xylophage, à l'apparence de petites boules de 3 à 8 cm de diamètre poussant sur les troncs d'arbres morts. 

Son utilisation comme initiateur de feu est aussi efficace qu'impressionnante. Il suffit de gratter un peu la surface inférieure du champignon avec la pointe d'un couteau avant d’y faire tomber des étincelles que l'on produira (bien sûr !) avec un briquet en silex et une marcassite ! Une fois la combustion démarrée, elle devient quasi-impossible à arrêter.

La daldinie se transforme alors en une belle braise, comme vous pourrez le voir sur la vidéo ci-dessous ! 

Daldinies telles qu'on peut les rencontrer dans la nature.
Daldinies telles qu'on peut les rencontrer dans la nature.

Daldinies telles qu'on peut les rencontrer dans la nature.

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Tutos et vidéos

Publié le 25 Septembre 2015

A la demande de nos collègues médiateurs du Musée des Tumulus de Bougon, nous avons réalisé cet été, au cours de démonstrations de techniques préhistoriques, la réplique d'une épingle en os néolithique.

Cette reconstitution s'inspire d'un modèle d'épingle dite ''à tête de pavot'' découverte lors des fouilles de la chambre funéraire du tumulus A de la nécropole de Bougon.

Voici donc un petit compte rendu en images !

Épingle originale à gauche (n°2090). D'après Mohen & Scarre 2002.

Épingle originale à gauche (n°2090). D'après Mohen & Scarre 2002.

Tout commence avec une baguette d'os, obtenue dans une diaphyse (partie centrale) d'os long de bovidé. Elle peut être extraite par fracturation (technique un peu aléatoire !), par sciage ou rainurage de l'os

Tout commence avec une baguette d'os, obtenue dans une diaphyse (partie centrale) d'os long de bovidé. Elle peut être extraite par fracturation (technique un peu aléatoire !), par sciage ou rainurage de l'os

La baguette est affinée et régularisée, ici à l'aide d'un grattoir-herminette. L'os a été préalablement trempé plusieurs heures pour être assoupli.

La baguette est affinée et régularisée, ici à l'aide d'un grattoir-herminette. L'os a été préalablement trempé plusieurs heures pour être assoupli.

EXPÉRIMENTATION : Fabrication d’une épingle en os
La régularisation de l'ébauche se poursuit par raclage à l'aide d'un burin en silex. Cette phase est particulièrement longue mais le trempage de l'os, associé à l'outil très efficace qu'est le burin, permet d'obtenir une ébauche très régulière en quelques heures.

La régularisation de l'ébauche se poursuit par raclage à l'aide d'un burin en silex. Cette phase est particulièrement longue mais le trempage de l'os, associé à l'outil très efficace qu'est le burin, permet d'obtenir une ébauche très régulière en quelques heures.

EXPÉRIMENTATION : Fabrication d’une épingle en os
Le travail de régularisation du fût et de la tête de l'épingle se poursuit à l'aide de petits polissoirs en grès de différents grains. La tête est dégagée par un sciage méticuleux à l'aide d'une lame de silex et abrasée avec le bord cortical d'une lame de silex. Un ultime passage de burin permet d'effacer les dernières traces d'abrasion dues au polissoir.

Le travail de régularisation du fût et de la tête de l'épingle se poursuit à l'aide de petits polissoirs en grès de différents grains. La tête est dégagée par un sciage méticuleux à l'aide d'une lame de silex et abrasée avec le bord cortical d'une lame de silex. Un ultime passage de burin permet d'effacer les dernières traces d'abrasion dues au polissoir.

EXPÉRIMENTATION : Fabrication d’une épingle en os
La dernière phase de travail consiste en un polissage soigneux de l'épingle à l'aide d'une pièce de cuir mouillée sur laquelle on a déposé un peu de cendre de prêle. Cette plante est très riche en silice et ses cendres sont un abrasif très fin particulièrement bien adapté aux finitions sur l'os.

La dernière phase de travail consiste en un polissage soigneux de l'épingle à l'aide d'une pièce de cuir mouillée sur laquelle on a déposé un peu de cendre de prêle. Cette plante est très riche en silice et ses cendres sont un abrasif très fin particulièrement bien adapté aux finitions sur l'os.

Et voilà le travail, ainsi qu'une hypothèse d'utilisation parmi d'autres...

Et voilà le travail, ainsi qu'une hypothèse d'utilisation parmi d'autres...

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Expérimentations, #fac-similés et reconstitutions, #Tutos et vidéos

Publié le 12 Juin 2015

Suite à une demande du Laboratoire Départemental d'Archéologie du Val-de-Marne, nous avons réalisé au printemps, un petit film sur la fabrication d'un bracelet en schiste. A ce titre, nous tenons encore à remercier Dominique et Marie pour la prise de vue, le montage et la logistique...

De tels bracelets apparaissent aux environs du 5ème millénaire, au sein de communautés d'agriculteurs-éleveurs néolithiques des cultures du Villeneuve-Saint-Germain (moitié Nord de la France) et du groupe de Blicquy (Belgique). Ces groupes ont su tirer profit des ressources minérales qui les entouraient aux marges des massifs armoricain et ardennais (régions où les schistes abondent), pour développer une véritable économie régionale de fabrication et d’exportation de bracelets en schiste.

Bracelets en schiste poli et autre mobilier lithique provenant des fouilles d'habitats néolithiques de Betton en Ille-et-Vilaine. © H. Paitier, Inrap.

Bracelets en schiste poli et autre mobilier lithique provenant des fouilles d'habitats néolithiques de Betton en Ille-et-Vilaine. © H. Paitier, Inrap.

L’extraction est réalisée sur des affleurements transformés en véritables carrières. Les carriers détachaient des plaques de schiste à l’aide de masses en pierre, de pics en bois de cerf ou autres coins et leviers en bois. Ils formaient ensuite par percussion des ébauches à partir de plaquettes de bonnes qualités. Le travail s’arrête généralement à ce stade sur le lieu d’extraction.

La suite des opérations se déroule sur des ateliers ou au sein d’habitats, généralement distants de quelques kilomètres des carrières (par exemple à Champfleur ou Arçonnais dans la Sarthe ou à Vaux-et-Borset en Belgique). Les ébauches y sont alors façonnées en palets circulaires de 10 à 20 cm de diamètre, régularisés par polissage au niveau des contours et des faces.

Régularisation par percussion des contours d'un futur bracelet.

Régularisation par percussion des contours d'un futur bracelet.

Le bracelet s’obtient ensuite en évidant la partie centrale du palet circulaire. Plusieurs techniques ont pu être observées et reproduites expérimentalement (raclage, piquetage, rainurage ou forage).

Expérimentations de forage à l'archet d'un palet en schiste.

Expérimentations de forage à l'archet d'un palet en schiste.

Traces laissées par l'outil en silex lors d'une perforation par raclage.

Traces laissées par l'outil en silex lors d'une perforation par raclage.

La phase suivante consiste à élargir et régulariser la perforation à l’aide d’outils en silex (burins) et de polissoirs en grès. C’est une phase laborieuse qui s’accompagne souvent de casse (BURNEZ-LANOTTE, L. et. Al. 2005). Enfin, l’ultime étape consiste à polir puis lustrer soigneusement le bracelet, à l’aide de grès fins ou d’une pièce de cuir mouillée ou graissée sur laquelle on ajoute un abrasif (sable fin, poudre de charbon ou cendres de prêles).

Il est fréquent pour ces périodes de retrouver ces bracelets aussi bien dans des fosses détritiques d’habitats (où ils sont généralement brisés) que dans des sépultures où un à plusieurs bracelets, souvent portés au dessus du coude, accompagnent le défunt. Au-delà des aspects techniques et esthétiques, ces bracelets semblent aussi porter de fortes valeurs sociales et symboliques.

Bracelet expérimental en roche verte.

Bracelet expérimental en roche verte.

Pistes bibliographiques :

BURNEZ-LANOTTE, L., CASPAR, J.P. 2005. Technologie des anneaux en schiste dans le groupe de Blicquy/Villeneuve-Saint-Germain à Vaux-et-Borset (Hesbaye, Belgique) : interférences de sous-systèmes techniques. Bulletin de la Société Préhistorique Française T.102, n°3, pp. 551-596.

FROMONT, N. 2005. Les anneaux de pierre dans le nord de la France et la Belgique au Néolithique ancien : structuration des productions et circulation des matières premières. MARCHAND, G., TRESSET, A. 2005. Unité et diversité des processus de néolithisation sur la façade Atlantique de l'Europe (6ème et 4ème millénaire BC). Table-ronde de Nantes, 26-27 avril 2002, Mémoire n°36, Société Préhistorique Française.

PRAUD, I., et. al. . (2000). Les bracelets en pierre du néolithique ancien : provenance et diffusion des matériaux sur les sites Villeneuve-Saint-Germain du bassin Parisien. DESBROSSES, R., THEVENIN, A. (dir.) Actes des 125èmes Congrès Nationaux des Sociétés Historiques et Scientifiques : pp. 491-502.

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Publié le 15 Mai 2015

A la demande de notre collègue Michel Parotin, nous avons réalisé il y a quelque temps une série de pierres à fusil afin de réhabiliter un briquet pour le moins original : le briquet-pistolet. 

Ce système d'allumage est en tout point comparable au principe de mise à feu des armes à platine de silex utilisées en Europe depuis le 16 ème siècle.  Une pièce de silex maintenue sur le chien (1) vient heurter une pièce métallique appellée batterie (2), ce qui produit une gerbe d'étincelle et embrase la poudre contenue dans le bassinet (3).

Système de mise à feu d'un fusil à poudre. Nantes, Château des Ducs de Bretagne.

Système de mise à feu d'un fusil à poudre. Nantes, Château des Ducs de Bretagne.

Pour le briquet-pistolet, le système est le même mais l'amadou remplace la poudre noire.

Briquet-pistolet : (1) chien ; (2) batterie ; (3) bassinet.

Briquet-pistolet : (1) chien ; (2) batterie ; (3) bassinet.

Le chien vient de heurter la batterie au dessus du bassinet rempli d'amadou.

Le chien vient de heurter la batterie au dessus du bassinet rempli d'amadou.

L'amadou s'embrase.
L'amadou s'embrase.

L'amadou s'embrase.

La braise issue de l'amadou permet d'obtenir une flamme à l'aide, par exemple, d'une allumette soufrée.

La braise issue de l'amadou permet d'obtenir une flamme à l'aide, par exemple, d'une allumette soufrée.

 

Tout ceci ne saurait fonctionner sans le silex des pierres à fusil...

Les premiers ateliers de fabrication de pierres à fusils apparaissent vers la fin du 16ème siècle. Cette activité se poursuivra jusque dans la première moitié du 20ème siècle où l'avènement de nouveaux matériaux comme le ferro-cerrium, mettra fin à cette activité après plusieurs siècles de pratique.

En France, les centres de production de pierres à fusils les plus connus sont ceux de la vallée du Cher, entre Loir-et-Cher et Indre, à Saint-Aignan, Selles-sur-Cher et Valençay (avec un centre important autour du village de Meusnes). Il existe cependant d'autres centres de production, notamment dans la Drôme, le Vercors, le Vaucluse ou la Charente-Maritime. 

La production de pierre à fusil était réalisée par des citoyens et des familles qui pratiquaient souvent cette activité en dehors de la saison des travaux agricoles, afin de compléter leurs revenus.

Les silex étaient taillés à l'aide d'outils en fer, des marteaux de tailles variables suivant les étapes de fabrication. Les silex étaient dégrossis avec de lourdes massettes, puis on en débitait des supports à partir desquels étaient confectionnées les pierres à fusil.  

Nucléus en silex et lames obtenues par percussion directe au marteau métallique.

Nucléus en silex et lames obtenues par percussion directe au marteau métallique.

Lames de silex, lame fracturée en segments et segment central retouché en pierre à fusil.

Lames de silex, lame fracturée en segments et segment central retouché en pierre à fusil.

Lot de pierres à fusil en silex charentais.

Lot de pierres à fusil en silex charentais.

Petit complément vidéo, tourné dans les années 1920, probablement dans la région de Brandon (dans le Suffolk, Nord-est de Londres), en Angleterre.

Et en complément du complément... un article du Bulletin de la Société Préhistorique Française de 1937 dans lequel Alfred Barnes décrit avec beaucoup de précision la fabrication des pierres à fusil dans la région de Brandon.

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Expérimentations, #fac-similés et reconstitutions, #Tutos et vidéos

Publié le 17 Novembre 2014

La hache ou l’herminette de pierre polie constituent l’outillage de base de l’agriculteur-éleveur sédentaire du Néolithique. Les matières premières aptes à être taillées, comme le silex, sont collectées, au niveau d’affleurements de surface ou en profondeur, dans les minières. Les blocs retenus pour être taillés, vont d’abord être dégrossis à l’aide d’un percuteur de pierre, puis régularisés au percuteur tendre (bois de cerf ou bois végétal dense permettant une plus grande finesse des enlèvements).

Bloc de silex tertiaire brut

Bloc de silex tertiaire brut

Dégrossissage du bloc au percuteur dur

Dégrossissage du bloc au percuteur dur

Bloc dégrossi au percuteur dur

Bloc dégrossi au percuteur dur

Ébauche de hache régularisée au bois de cervidé

Ébauche de hache régularisée au bois de cervidé

Ce travail aboutira à l’obtention d’une ébauche bifaciale de section biconvexe plus ou moins régulière. L'ébauche peut dans certains cas être régularisée davantage par percussion indirecte et par pression, notamment pour le tranchant. Plus l’ébauche sera régulière, plus le travail de polissage ultérieur de la hache sera facilité. Ainsi, on pu a clairement identifier sur certains sites de production de haches, différents niveaux de savoir–faire de tailleurs.

Régularisation des flancs de la hache par pression (compresseur en bois de cervidé)

Régularisation des flancs de la hache par pression (compresseur en bois de cervidé)

Ébauche de hache terminée, prête à être polie

Ébauche de hache terminée, prête à être polie

D’autres matières se prêtant moins bien à la taille par percussion (roches métamorphiques tenaces comme les dolérites, serpentinites, jadéitites, etc.) seront traitées différemment. L'ébauche sera mise en forme par bouchardage, opération consistant à écraser la roche par des percussions répétées avec des outils en pierre dure - les bouchardes - de tailles décroissantes au fur et à mesure de l’avancement du travail.

Bouchardage d'une ébauche en roche tenace, boucharde en silex

Bouchardage d'une ébauche en roche tenace, boucharde en silex

Bouchardage d'une ébauche en roche tenace, boucharde en silex

Bouchardage d'une ébauche en roche tenace, boucharde en silex

Indépendamment des matières et des techniques de façonnage, la phase suivante de polissage est la plus longue. Les ébauches sont polies sur de petits polissoirs mobiles ou de larges polissoirs fixes en roches grenues et dures (grès, grès quartzite, silex, etc.). On reconnaît les polissoirs aux rainures ou cuvettes plus ou moins marquées résultant de l’abrasion des deux pierres mises en contact. L’observation de traces d’usures, aussi bien sur les polissoirs que sur les haches, laisse penser que dans de nombreux cas, un dispositif ‘’mécanique’’ de type passe-partout, manié à deux individus pouvait être utilisé.

Polissage de l’ébauche sur un polissoir mobile en grès

Polissage de l’ébauche sur un polissoir mobile en grès

Polissage de l’ébauche sur un polissoir mobile en grès

Polissage de l’ébauche sur un polissoir mobile en grès

L’ultime phase de fabrication consiste à polir les derniers millimètres du tranchant pour affûter la hache. Il s’agit là d’une opération délicate qui reste une piste de recherche pour les chercheurs. Il restera enfin à emmancher la lame pour en faire un outil fonctionnel. Durant toute sa longue existence, la hache de pierre polie a connu diverses formes d’emmanchement, de l’emmanchement direct à l’utilisation de gaines en bois de cerf. Ces diverses solutions techniques ont bien sûr fortement influencé la morphologie des haches, ce qui explique une grande variété de formes pour un outil universel.

Hache en basalte, emmanchement direct

Hache en basalte, emmanchement direct

Hache en serpentinite, emmanchement indirect dans une gaine en bois de cerf

Hache en serpentinite, emmanchement indirect dans une gaine en bois de cerf

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Expérimentations, #fac-similés et reconstitutions, #Tutos et vidéos

Publié le 9 Août 2014

Nous étions en Juin dernier autour du Lac du Sanguinet dans les Landes pour participer aux 9èmes Tessonnades organisées par l’association ‘’Entre Leyre et Ciron’’. Cette manifestation dédiée à la céramique élargissait cette année ses activités en proposant des interventions autour des arts du feu – au sens large.

Nous avons donc présenté dans ce cadre les techniques protohistoriques liées à la fabrication d’objets en bronze : principalement le moulage à la cire perdue et également la fonte au sable qui permet de s’affranchir de certaines contraintes liées au moulage à la cire perdue (fabrication des cires, séchage et cuisson des moules).

Un grand merci  à Colette et Pascal pour la couverture photo et vidéo dont nous avons sélectionné quelques clichés et séquences présentés ci-dessous. Nous remercions également Marie Dubos et Philippe Lepert de Biscarosse TV pour leur reportage (site de Biscarosse TV / reportages / culture et traditions / 9ème Tessonnades de Sanguinet).

Vue générale du dispositif de chauffe.

Vue générale du dispositif de chauffe.

Vue générale du dispositif de chauffe en cours de travail.

Vue générale du dispositif de chauffe en cours de travail.

Le foyer en cours de chauffe.
Le foyer en cours de chauffe.
Le foyer en cours de chauffe.

Le foyer en cours de chauffe.

Un petit coup de sonde avant la coulée pour s'assurer que le bronze est bien fondu !

Un petit coup de sonde avant la coulée pour s'assurer que le bronze est bien fondu !

Les moules à la cire perdue et un creuset de l'âge du bronze.

Les moules à la cire perdue et un creuset de l'âge du bronze.

Coulée de bronze dans des moules à la cire perdue en terre cuite.

Coulée de bronze dans des moules à la cire perdue en terre cuite.

Une épingle en bronze découverte une fois le moule cassé.

Une épingle en bronze découverte une fois le moule cassé.

Passant des soufflets aux percuteurs pour un petit intermède taille de silex... un moment  habilement capturé par Colette entre deux coulées !! Merci encore ! 

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Ateliers et démonstrations, #Tutos et vidéos

Publié le 26 Mai 2014

Après bien des déboires avec les schémas proposés sur le web, nous avons décidé de vous faire partager quelques motifs et réflexions pour monter vos plaquettes...

Si vous vous lancez pour la première fois, allez faire un tour sur le tutoriel de Micky, vous y trouverez des explications claires sur les bases du montage.

Retenez que l'enfilage en S se fait par devant lorsqu'on voit les lettres des plaquettes, et l'enfilage en Z se fait par derrière. Une plaquette doit avoir tous ses fils montés dans le même sens.

Nous laissons à votre disposition une dizaine de schémas de montage, à faire varier en fonction des couleurs, de votre inspiration ou du nombre de plaquettes...Tous les schémas ci-dessous sont composés de 10 plaquettes à 4 trous et tous permettent de réaliser un motif en faisant pivoter les plaquettes 4 fois vers l'avant et 4 fois vers l'arrière. Ceci permet de ne pas avoir à démêler sans cesse les fils...

Tissages...

Un petit conseil pour ceux et celles qui souhaiteraient créer des motifs, ou en récupérer sur internet : vérifiez bien le sens d'enfilage (S ou Z) de vos cartes, il dépend de votre motif.

 

 

Tissages...

Si l'on regarde le schéma, on observe que la direction du motif correspond au sens de montage des cartes... N'hésitez pas à nous faire part de vos créations!

En prime, quelques images d’un atelier de tissage aux plaquettes et métier à grille réalisé récemment avec des jeunes de 8 à 12 ans, comme quoi, malgré la complexité apparente, c’est presque un jeu d’enfant !!

Tissages...
Tissages...
Tissages...
Tissages...

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