Publié le 20 Octobre 2014

Quelques images de la mallette tissage réalisée en Avril dernier pour le site gallo-romain de Gisacum sur la commune du Vieil-Évreux dans l'Eure.

La mallette comprenait 2 petits métiers à tisser verticaux à une barre de lice, 2 kits complets pour l’initiation au tissage aux plaquettes (retrouver notre article de Mai 2014 pour plus de détails sur le tissage aux plaquettes) ainsi que des échantillons de plantes pour les teintures végétales et de fibres brutes.

Métiers à tisser verticaux à une barre de lice

Métiers à tisser verticaux à une barre de lice

Détails d'un métier à tisser avec navette et couteau de tisserand

Détails d'un métier à tisser avec navette et couteau de tisserand

Tissage aux plaquettes

Tissage aux plaquettes

Échantillons de plantes tinctoriales et de laines teintées

Échantillons de plantes tinctoriales et de laines teintées

Échantillons de fibres végétales

Échantillons de fibres végétales

Les fibres textiles peuvent être d’origine animale ou végétale. La laine de mouton est la fibre d’origine animale la plus couramment utilisée. Avant d’être filée, elle doit être lavée, puis cardée (démêlée). Ces opérations peuvent être réalisées à l’aide d’éléments végétaux, la saponaire pour le lavage et le cardère pour le cardage.

Saponaire (saponaria officinalis)

Saponaire (saponaria officinalis)

Le monde végétal offre également une multitude de plantes dont les fibres peuvent être utilisées pour le tissage. Les principales sont le lin, l’ortie, le chanvre ou le liber de tilleul (fins feuillets de fibres intercalés entre l’écorce et le bois de l’arbre).

Lin (linum unisativum)

Lin (linum unisativum)

Chanvre textile (cannabis sativa)

Chanvre textile (cannabis sativa)

Dans presque tous les cas, la plante doit subir une opération appelée rouissage pour en extraire la fibre. Cette opération consiste à la faire tremper dans de l’eau claire afin de provoquer la dissolution de la pectine qui solidarise les fibres aux parties ligneuses de la plante.

Rouissage d'écorces de tilleul.

Rouissage d'écorces de tilleul.

Écorces de tilleul après prélèvement du liber à gauche et liber de tilleul à droite.

Écorces de tilleul après prélèvement du liber à gauche et liber de tilleul à droite.

Une fois rouies, les plantes sont battues pour extraire les fibres (teillage), nettoyées des résidus d’écorces et démêlées (cardage).

Teillage de tiges de Grande Mauve (malva sylvestris).
Teillage de tiges de Grande Mauve (malva sylvestris).

Teillage de tiges de Grande Mauve (malva sylvestris).

Fibres d'ortie (Urtica) après de le teillage.

Fibres d'ortie (Urtica) après de le teillage.

​Les fibres extraites doivent ensuite être soumises à un patient travail de filage, pour créer un fil solide en torsadant la fibre sur elle-même. Durant les périodes préhistoriques et antiques, le filage est réalisé grâce à une petite tige de bois - le fuseau – auquel est fixée une fusaïole, sorte de poids, en terre cuite, pierre, os, ou métal. La fusaïole, par son poids, va aider à maintenir le fuseau vertical et augmente son mouvement d'inertie lors de la rotation. En fonction de la taille et de l’inertie de la fusaïole, il sera possible de fabriquer du fil plus ou moins fin.

Fusaïole et fuseau, lin filé.

Fusaïole et fuseau, lin filé.

Filage de la laine au fuseau et fusaïole, Togo, 2000. Cliché Chloé Albaret.

Filage de la laine au fuseau et fusaïole, Togo, 2000. Cliché Chloé Albaret.

Le tissage permettra ensuite d’obtenir des tissus en croisant des fils. Fils de chaîne et fils de trame formeront ainsi un ensemble solide. Les fils de chaîne doivent être tendus afin d’y insérer les fils de trame. Pour cela, les fils sont installés sur un métier à tisser. Il existe plusieurs sortes de métiers à tisser. Un des plus rudimentaires est le métier à poids où les fils de chaines sont lestés par des pierres ou des pesons d’argile. Dès le Néolithique, ce métier se complexifie avec une barre de lice qui permettra de séparer d’un simple geste un fil de chaine sur deux. A l’Âge du Fer, les lices se multiplient et permettent la réalisation de motifs complexes.

Tissu de lin et laines teintées (teintures végétales) réalisé sur un métier vertical à une barre de lice.

Tissu de lin et laines teintées (teintures végétales) réalisé sur un métier vertical à une barre de lice.

Durant la Préhistoire, la Protohistoire et l’Antiquité, la teinture, qui consiste à colorer les fibres, les écheveaux ou les tissus, est essentiellement réalisée à l’aide de plantes. On utilise pour cela deux procédés : la fermentation (teinture à froid) ou la décoction (teinture à chaud). Selon les plantes, on peut utiliser les fleurs, les feuilles, les baies, les écorces ou les racines. Certaines plantes s'utilisent fraîches, d'autres sèches. La couleur obtenue dépend du support à teindre, de la quantité de plantes, de leur maturité, de la durée du bain, du contenant utilisé, de la qualité de l'eau... On obtiendra par exemple des couleurs allant du jaune au vert avec de la gaude (reseda luteola), du rouge à l’orange avec la garance (rubia tintorum), une grande palette de marrons avec l’écorce ou le brou de noix (junglans regia), du violet avec le sureau (sambucus nigra) ou encore du bleu, avec le pastel (isatis tinctoria).

Écheveaux de laine teintés (teintures végétales).

Écheveaux de laine teintés (teintures végétales).

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Matériel et mallettes pédagogiques

Publié le 7 Octobre 2014

Nous étions présents, durant une vingtaine de jours en Août dernier, au Musée de Tumulus de Bougon, afin de présenter au public les techniques préhistoriques de poterie et de métallurgie du bronze .

Ce fut l’occasion d’intéressants échanges avec le public et également la possibilité pour nous d’expérimenter un certain nombre de nouvelles choses.

Pour la céramique : la fabrication de pièces néolithiques particulières (vase d’Antran à 3 goulots, biberons rubanés, ‘’plats à pain’’, etc…) et la cuisson sur sole foyère (voir article de septembre 2013) avec réduction de quelques pièces choisies.

Pour la métallurgie du bronze, techniques de fontes à la cire perdue et réalisation de pièces fines (statuettes gallo-romaines) et de pièces à douilles de l’Âge du Bronze (haches et pointes de lance).

Céramique et bronze au Musée des Tumulus de Bougon - 2014
La potière au travail....

La potière au travail....

Cuisson sur sole foyère, préchauffage des vases.

Cuisson sur sole foyère, préchauffage des vases.

Pièces cuite, au premier plan, biberon rubané après réduction

Pièces cuite, au premier plan, biberon rubané après réduction

Vase Chambon (Néolithique moyen) après réduction.

Vase Chambon (Néolithique moyen) après réduction.

Petit vase à trois goulot trouvé à Antran dans la Vienne (Néolithique moyen).

Petit vase à trois goulot trouvé à Antran dans la Vienne (Néolithique moyen).

Vase néolithique.

Vase néolithique.

Décirage de moules à la cire perdue.

Décirage de moules à la cire perdue.

Quelques réalisations inspirées de l'Âge du bronze français, corse et proche-oriental
Quelques réalisations inspirées de l'Âge du bronze français, corse et proche-oriental
Quelques réalisations inspirées de l'Âge du bronze français, corse et proche-oriental

Quelques réalisations inspirées de l'Âge du bronze français, corse et proche-oriental

Rasoir en bronze de l'âge du fer.

Rasoir en bronze de l'âge du fer.

Pointe de Palmela en cuivre martelé, chalcolithique.

Pointe de Palmela en cuivre martelé, chalcolithique.

Chaîne opératoire de fabrication d'une statuette gallo-romaine de Mercure à la cire perdue.

Chaîne opératoire de fabrication d'une statuette gallo-romaine de Mercure à la cire perdue.

Atelier pédagogique et atelier participatif.
Atelier pédagogique et atelier participatif.

Atelier pédagogique et atelier participatif.

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Rédigé par Arkéo Fabrik

Publié dans #Ateliers et démonstrations, #Expérimentations